Dans le monde automobile français, il y a ceux qui suivent les règles et il y a Citroën. Depuis plus de 100 ans, la marque aux chevrons cultive une différence fondamentale : la technologie ne doit pas seulement servir la performance, elle doit servir le confort et l’art de vivre.
Mais saviez-vous que tout a commencé par un voyage en Pologne et une histoire d’engrenages ? Retour sur la saga du constructeur le plus créatif de France.
1. 1900 : L’origine des Chevrons
Tout commence bien avant les voitures. En 1900, lors d’un voyage en famille en Pologne, le jeune André Citroën (polytechnicien brillant) découvre un procédé innovant de taille d’engrenages en bois à dentes en forme de « V » (chevrons).
Il achète le brevet, le transpose à l’acier en France et fait fortune. Ces engrenages sont plus silencieux et plus résistants.
Regardez le logo de votre Citroën : ce ne sont pas des flèches vers le ciel, ce sont ces fameux engrenages doubles stylisés.

2. 1919 : L’Henry Ford européen
Après avoir transformé son usine de munitions du Quai de Javel en usine automobile à la fin de la Première Guerre mondiale, André Citroën a une vision : démocratiser l’automobile.
Il lance la Type A en 1919. C’est la première voiture européenne construite en grande série (à la chaîne), vendue complète avec carrosserie, pneus et roue de secours (ce qui était rare à l’époque !).
André est aussi un génie du marketing :
- Il fait écrire « CITROËN » en lettres lumineuses de 30 mètres de haut sur la Tour Eiffel (de 1925 à 1934).
- Il lance les « Croisières » (Noire, Jaune, Blanche) pour prouver que ses autochenilles peuvent traverser les déserts et l’Himalaya.

3. 1934 : Le chef-d’œuvre et la faillite (La Traction)
André Citroën veut toujours plus. Il lance la Traction Avant. C’est une révolution technique absolue :
- Plus d’arbre de transmission (roues avant motrices).
- Plus de châssis séparé (caisse monocoque).
- Freins hydrauliques. La voiture tient la route comme aucune autre (« La Reine de la Route »). Mais son développement coûte une fortune. Les créanciers s’impatientent. Michelin reprend l’entreprise et André Citroën meurt peu après, ruiné mais visionnaire, en 1935.

4. 1948 : Quatre roues sous un parapluie (La 2CV)
Pendant la guerre, les ingénieurs cachent un projet secret : la TPV (Toute Petite Voiture). L’idée ? Une voiture capable de traverser un champ labouré avec un panier d’œufs sur la banquette sans en casser un seul.
En 1948, la 2CV est dévoilée. La presse se moque de sa laideur (« le vilain petit canard »), mais le peuple l’adore. Économique, increvable, décapotable, elle devient le symbole de la liberté rurale. Elle sera produite jusqu’en 1990 !

5. 1955 : L’OVNI (La DS)
C’est sans doute le moment le plus important de l’histoire du design automobile. Au Salon de Paris 1955, Citroën dévoile la DS 19.
Par rapport aux voitures de l’époque (qui ressemblaient encore à des carrosses d’avant-guerre), la DS semble venir de mars 2050.
- Ligne aérodynamique signée Flaminio Bertoni.
- Volant monobranche.
- Et surtout : la suspension hydropneumatique. La voiture monte et descend, elle efface les nids-de-poule (le fameux « tapis volant »). 12 000 commandes sont passées le premier jour du salon. Un record qui a tenu 60 ans (battu par la Tesla Model 3).

6. 1970 : L’alliance de la vitesse et du confort (SM)
Citroën rachète Maserati et décide de créer la GT ultime. La Citroën SM est née.
Une ligne futuriste, une suspension hydraulique, une direction à assistance variable (DIRAVI) et un moteur V6 Maserati sous le capot. Elle est capable de rouler à 220 km/h dans un silence de cathédrale. Malheureusement, la crise pétrolière de 1973 tuera ce chef-d’œuvre.

7. Aujourd’hui : L’électrique pour tous (Ami & C3)
Fidèle à son esprit décalé, Citroën a récemment bousculé le marché urbain avec l’Ami, un petit cube électrique sans permis.
En 2024, la marque a lancé la nouvelle C3 électrique à moins de 25 000 €, reprenant le flambeau de la « voiture populaire » cher à André Citroën, avec un nouveau logo ovale qui rend hommage à celui de 1919.

Conclusion : L’art de la différence
Citroën prouve qu’une voiture n’est pas obligée de ressembler à une autre. Rouler en Citroën ancienne, c’est accepter de ne rien faire comme tout le monde : freiner avec un champignon (DS), tourner un volant à une branche, ou monter et descendre à l’arrêt.
C’est cette singularité qui a participé au succès de Citroën depuis toutes ses années.
Fan de la marque ? Retrouvez tous nos posters réalisés en France et dédiés à Citroën ici


