BMW M3 GTR : La fausse série

En American Le Mans Series, la M3 E46 avec son 6 cylindres ne tenait plus face aux Porsche 911. BMW a voulu mettre un V8. Le règlement exigeait que la voiture soit basée sur un modèle de série vendu sur au moins deux continents.
L’astuce : BMW a construit une poignée de M3 GTR V8 de route (entre 6 et 10 selon les sources) et les a mises en vente à un prix dissuasif (250 000 € à l’époque) pour que personne ne les achète. Porsche a porté plainte, arguant que ce n’était pas une vraie production. L’année suivante, le règlement a changé (exigeant 100 moteurs et 1000 voitures), la M3 GTR (disponible en poster ici) a disparu de la circulation, et BMW s’est retiré de la compétition.
La Ford Focus RS WRC 03 : Le pare-chocs magique

En WRC, l’air qui arrive au moteur est limité par une bride (le fameux « restrictor »). L’ennemi, c’est le temps de réponse du turbo (le lag). Pour combler ce trou, on utilise un système « Anti-Lag » qui nécessite beaucoup d’air. Mais comment avoir une réserve d’air supplémentaire quand l’admission est bridée ?
L’astuce : Sur la Focus WRC 2003, les ingénieurs de Ford M-Sport ont découvert que le règlement interdisait les réservoirs d’air dans l’habitacle, mais ne disait rien sur l’extérieur. Ils ont donc fabriqué une traverse de pare-chocs arrière creuse, en titane de qualité aérospatiale. Cette traverse servait de réservoir de stockage d’air sous haute pression. Cet air était renvoyé vers le collecteur d’admission via de longs tuyaux traversant toute la voiture. Cela offrait un surplus d’air immédiat pour relancer le turbo, contournant l’effet de la bride d’admission.
La FIA a mis du temps à comprendre pourquoi la Focus avait une reprise si foudroyante en sortie de virage lent. La voiture a été bannie du championnat l’année suivante.
Peugeot 206 GT (WRC 1999) : Le pare-chocs « WRC »

Pour homologuer la 206 en WRC, la voiture de série devait mesurer au moins 4 mètres. Or, la 206 standard faisait 3,83 m.
L’astuce : Peugeot ne voulait pas utiliser la 306 (trop grosse). Ils ont donc sorti une série limitée de 4000 exemplaires, la 206 GT, qui n’avait de « GT » que le nom. Elle avait des pare-chocs avant et arrière proéminents et disgracieux, totalement vides, juste pour gagner les centimètres manquants et atteindre les 4 mètres. Une fois homologuée, la version de rallye a pu retirer ces pare-chocs moches pour des modèles aéro.
Tyrrell Racing et les billes de plomb

Après l’abandon du projet P34 (leur F1 à 6 roues), en partie suite à l’arrêt de la production des pneus spécifiques par Goodyear, Tyrrell Racing a une idée plutôt originale pour réussir à rivaliser avec les moteurs turbo concurrents (eux étant la seule écurie équipant encore ses véhicules de moteurs atmosphérique).
L’astuce : Sachant très bien que la pesée du véhicule est effectuée à la fin de la course et que le règlement de l’époque interdit le rechargement en carburant mais pas celui en eau pour le système de freinage, ils décident de systématiquement faire un arrêt aux stands dans les derniers tours de piste pour injecter des billes de plomb directement avec l’eau pour récupérer le poids qui leur manquait et que tout soit en règle au moment où les commissaires pèseront leur véhicule.
Manque de bol après quelques courses ce ravitaillement en eau répété dans les derniers tours et des billes retrouvées dans leur paddock ont éveiller les soupçons, leur véhicule est démonté, la supercherie dévoilée et ils sont exclus du championnat de 1984.
Toyota Celica GT-Four : Le turbo le plus ingénieux de l’histoire

Comme on vient de le voir pour la Ford Focus en 1995, la FIA imposait une bride d’admission pour limiter la puissance des moteurs en WRC. Toutes les écuries étaient bloquées autour de 300 chevaux. Pourtant, les Toyota sortaient des virages avec une puissance suspecte.
L’astuce : Les ingénieurs de Toyota Team Europe ont conçu une bride montée sur des ressorts spéciaux, cachés à l’intérieur de la durite. À l’arrêt, lors des contrôles techniques, la bride était parfaitement en place et légale. Mais en roulant, avec l’aspiration du turbo, la bride se décalait de 5 mm, laissant passer l’air autour d’elle (environ 25% de flux en plus), offrant +-50 chevaux supplémentaires invisibles.
La FIA a fini par découvrir le pot aux roses. L’équipe a été exclue pour un an, Max Mosley lui, président de la FIA, a déclaré : « C’est la triche la plus ingénieuse que j’aie vue en 30 ans de sport automobile. »
Benetton B194 : Le menu caché « Option 13 »

Lors de la saison de F1 1994, les aides électroniques au pilotage (antipatinage, départ automatisé) venaient d’être strictement interdites. Pourtant, Ayrton Senna était persuadé que la Benetton de Michael Schumacher utilisait un système illégal, notant un son de moteur étrange dans les virages lents et des départs canons.
L’astuce : Lors d’une inspection approfondie des codes sources de la voiture, la FIA a découvert un menu secret caché dans le logiciel. Pour activer le « Launch Control » (départ automatique), il ne suffisait pas d’appuyer sur un bouton. Le pilote devait effectuer une séquence complexe et invisible sur le volant, comme un « cheat code » de jeu vidéo (ex: passer les vitesses dans un certain ordre tout en maintenant une touche). Benetton a prétendu que c’était du code « oublié » mais qu’il n’avait jamais été activé.
Faute de preuve que Schumacher l’avait utilisé en course, ils ont gardé le titre, mais le doute persiste encore aujourd’hui.
Brabham BT46B : L’aspirateur de piste

En 1978, Lotus dominait la F1 grâce à l’effet de sol (l’air passant sous la voiture la plaquait au sol). Gordon Murray, ingénieur chez Brabham, voulait le même effet mais son gros moteur Alfa Romeo l’empêchait de sculpter le châssis comme la Lotus. Il devait trouver une autre solution pour coller la voiture à la piste.
L’astuce : Il a installé un immense ventilateur à l’arrière de la voiture. Officiellement, et pour respecter le règlement qui interdisait les éléments aérodynamiques mobiles, ce ventilateur servait uniquement à « refroidir le moteur ». En réalité, il aspirait l’air sous la voiture, créant une dépression monstrueuse qui ventousait la F1 au bitume. Niki Lauda a gagné le Grand Prix de Suède avec une facilité déconcertante, les autres pilotes se plaignant de recevoir des graviers projetés par le ventilateur.
La voiture a été retirée volontairement par l’écurie après une seule course pour éviter une guerre politique, bien qu’elle fut techniquement légale à cet instant.